Cameroun : à la veille de la rentrée scolaire, le Nonce appelle à laisser les enfants aller à l'école en paix >>
Cameroun : à la veille de la rentrée scolaire, le Nonce appelle à laisser les enfants aller à l'école en paix >>
À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027 au Cameroun, prévue le 7 septembre, Mgr José Avelino Bettencourt, Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée équatoriale, lance un appel pressant en faveur de la paix et du droit des enfants à l'éducation. Un message qui résonne particulièrement dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun, où près de dix années de crise ont profondément perturbé la scolarité de milliers d'enfants.
»Laissons les enfants aller à l'école en paix. » L'exhortation de Mgr José Avelino Bettencourt intervient dans un contexte particulier. Alors que les élèves se préparent à reprendre le chemin des classes le 7 septembre, le Nonce apostolique attire l'attention sur les plus vulnérables : les enfants.
Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun, la crise anglophone déclenchée en 2016 continue en effet de peser sur le secteur éducatif. Au fil des années, fermetures d'établissements, menaces, violences et opérations de << villes mortes >> ont régulièrement perturbé les activités scolaires, plaçant de nombreuses familles devant le difficile choix entre l'éducation et la sécurité de leurs enfants. C'est dans ce contexte que les propos du représentant du Saint-Père prennent une résonance particulière.
Mgr Bettencourt a réitéré que les enfants sont << une bénédiction de Dieu >>; ils sont l'avenir et l'espoir de la société. Le Nonce a donc condamné sans ambiguïté toute action visant à priver les enfants d'éducation.
<< Empêcher les enfants d'aller à l'école est mal », affirme-t-il, allant jusqu'à qualifier de << tout à fait diabolique >> le fait d'entraver leur accès à l'école.
Mgr Jose Avelino Bettencourt appelle à renoncer non seulement aux armes et aux instruments de violence, mais également aux paroles et discours violents. Toutes les composantes de la société sont invitées à contribuer à la création d'un environnement dans lequel les enfants pourront apprendre sans peur.
Cet appel rejoint les préoccupations exprimées récemment par les évêques de la Province ecclésiastique de Bamenda, qui regroupe les diocèses de Bamenda, Buéa, Kumbo, Kumba et Mamfe, situés dans les deux régions anglophones du pays. Réunis pour leur 80º Assemblée ordinaire, achevée le 22 août, les prélats ont une nouvelle fois porté leur attention sur la situation des enfants et des jeunes et sur les défis qui affectent le milieu scolaire.
On comprend aisément la place de l'éducation parmi les enjeux majeurs de la recherche de la paix dans cette partie du Cameroun. Mgr Bettencourt inscrit d'ailleurs son message dans le prolongement du voyage apostolique du pape Léon XIV au Cameroun. À Bamenda, particulièrement éprouvée par la crise anglophone, le Saint-Père avait lancé cet appel : << La paix, c'est maintenant, pas demain. >>
Pour le Nonce apostolique, ces paroles doivent désormais devenir concrètes. La paix, explique-t-il, commence dans les familles, les écoles et les communautés. Elle passe par l'écoute, le respect, la confiance et la capacité de construire ensemble un avenir commun.
À quelques jours du 7 septembre, son appel s'adresse ainsi aux différents acteurs de la crise, mais aussi aux familles, aux éducateurs, aux autorités et à l'ensemble des communautés : << Laissons les enfants aller à l'école en paix. La paix, c'est maintenant, pas demain. >>
Paule Valérie Mendogo pour Radio Vatican
Voici l'intégralité du message du nonce :
MESSAGE DU NONCE APOSTOLIQUE
Salutations à tous.
Que va-t-il se passer ensuite ?
C'est une question que l'on me pose souvent, au lendemain de la visite apostolique de Sa Sainteté le pape Léon XIV au Cameroun.
Que va-t-il se passer ensuite ?
Le message du pape Léon était très sincère et clair. Son message transcende la politique, l'ethnicité, les divisions régionales et les croyances.
La visite du pape Léon a touché toutes les couches de la société. Nous entendons encore résonner ses paroles à Bamenda:
<< La paix, c'est maintenant, pas demain.
La paix, c'est maintenant, pas demain. >>
Que va-t-il se passer ensuite ?
C'est un message qui s'adresse à nous tous, à vous et à moi, et qui nous est confié. Alors qu'une nouvelle année scolaire commence, nos pensées vont vers les membres les plus vulnérables de notre communauté: les enfants.
Juste avant de se rendre au Cameroun, le pape Léon XIV a organisé une veillée de prière pour la paix sur la place Saint-Pierre, à Rome.
Il nous a dit, je cite :
<< Je reçois de nombreuses lettres d'enfants provenant de zones de conflit. En les lisant, on perçoit, à travers la vérité de l'innocence, toute l'horreur et l'inhumanité d'actions dont certains adultes se vantent fièrement. Écoutons la voix des enfants. >>
Fin de citation.
Cette prière s'adresse à nous.
Vous comprenez ce que je vous dis lorsque j'affirme que les enfants sont une bénédiction de Dieu. Les enfants sont l'avenir.
Les enfants sont notre espoir.
Empêcher les enfants d'aller à l'école est mal. La violence n'est jamais acceptable. Que cela soit bien clair: empêcher les enfants d'aller à l'école, c'est tout à fait diabolique. Nous devons renoncer à tous les instruments de violence: les armes meurtrières et les propos violents.Ensemble, avec tous les segments de la communauté, nous devons créer des conditions de vie favorables pour chaque membre de notre communauté, en leur accordant la place qui leur revient et qui préserve leur dignité au sein de celle-ci.
La paix commence par le respect des membres les plus vulnérables de notre communauté. La paix, c'est se rassembler en tant que communauté. La paix, c'est s'écouter les uns les autres, se respecter, se comprendre et s'entraider. C'est instaurer la confiance, se lier d'amitié et construire un avenir ensemble. La paix doit s'enraciner dans nos cœurs et dans nos esprits, au sein de la famille, à l'école et au sein de la communauté.
La paix doit être réelle.
La paix doit être vécue au quotidien, dans notre travail, nos déplacements, nos études, nos activités sportives et amicales, ainsi que dans nos moments de repos. Cela signifie créer des environnements sûrs afin que les enfants puissent se rendre à l'école en toute sécurité, quel que soit le jour de la semaine qu'ils choisissent pour apprendre que ce soit le dimanche, le lundi, le mardi ou tout autre jour.
Laissons les enfants aller à l'école en paix. La paix, c'est maintenant, pas demain.
Que la paix soit avec vous et que Dieu vous bénisse.
An Article by Sr. Paul Valerie