Homélie de S.E. Mgr José Avelino Bettencourt à l'occasion de la 51e assemblée plénière de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun
Yaoundé, Basilique Marie Reine des Apôtres - 4 juin 2026
Chers frères dans l'épiscopat,
Chers frères et sœurs dans le Christ,
Nous venons de célébrer le premier anniversaire du pontificat de Sa Sainteté le pape Léon XIV, élu Souverain Pontife il y a un an, le 8 mai dernier.
Au cours de cette célébration eucharistique, nous rendons grâce à Dieu pour le pape Léon XIV. Nous demandons à Dieu de continuer à bénir le Saint-Père en lui accordant sagesse, force et bonne santé dans son ministère pétrinien. Le pape Léon XIV dirige le Saint-Siège, qui entretient des relations diplomatiques avec les nations, non pas pour rechercher le pouvoir terrestre, mais pour servir le commandement de l’Évangile : « Heureux ceux qui font œuvre de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 19).
Merci de votre participation à cette célébration. Vous faites de cette célébration un moment vraiment spécial et un joyeux témoignage de foi, d’unité et d’espoir, alors que nous prions pour le pape Léon, pour l’Église dans le monde entier et pour l’Église ici au Cameroun, réunie en Assemblée plénière.
Cette célébration eucharistique à l’occasion de la 51e Assemblée plénière nous rassemble à un moment où nous célébrons le 60e anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Cameroun et où nous célébrons le pèlerinage de la statue de Notre-Dame de Lourdes et des reliques de sainte Bernadette. Cela fait également tout juste 50 jours que Sa Sainteté le pape Léon XIV a quitté le Cameroun, où il effectuait un voyage apostolique, du 15 au 18 avril dernier. Peut-être pouvons-nous dire, comme les disciples sur le chemin d’Emmaüs : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin ? » (Luc 24, 13-34).
Nos cœurs et nos pensées reviennent vers les images, les lieux, les messages et les gestes marquants du Saint-Père sur notre terre bien-aimée. À la lumière de l’Évangile d’aujourd’hui, qui nous parle des plus grands commandements de Jésus-Christ, aimer Dieu et aimer notre prochain, revivons les paroles que le Saint-Père nous a adressées au Cameroun.
In war torn Bamenda, the Holy Father, the Vicar of Christ, told us that he came as a “Pilgrim of Peace and Unity”. He urged us to renew our trust in the Lord and seek a future of peace and reconciliation where everyone’s dignity is respected. Pope Leo XIV pointed to the many forms of poverty in society: moral, political and social forms of corruption forcing so many of our young family members to flee the country. Pope Leo urged: “This is the moment to change, to transform the story of this country. Today and not tomorrow. Now and not in the future.” Peace and reconciliation must reign. Pope Leo urged us to entrust ourselves to God and to God’s Word. “Only God sets us free, only God’s Word opens paths to freedom, only God’s spirit makes us new people able to change this country.”
Dans l’effervescence de Douala, le Saint-Père, inspiré par le passage évangélique du miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons devant la foule, nous a posé la question éternelle du Christ : que ferez-VOUS pour répondre aux besoins de tous ? Le pape Léon nous a dit que le Christ pose cette question à chacun de nous aujourd’hui. Pour sa part, Jésus répond à cette question en rendant grâce à Dieu. Le Christ partage ce qu’il a avec tout le monde. En effet, il y en a assez pour tout le monde. Il y a du pain pour tout le monde s’il est partagé avec tous. Le Saint-Père nous rappelle que nous sommes appelés à partager avec les autres dans la justice et la charité. Chaque effort bien fait devient un morceau d’humanité. La charité est la nourriture de l’âme. En tant que disciples du Christ, nous nous réunissons pour célébrer la Sainte Eucharistie qui est un signe de la présence, de l’espérance et du salut du Christ. Jésus nous demande : que vas-tu faire pour tous ces gens dans le besoin ? S’adressant aux jeunes de Douala et de tout le Cameroun, le pape Léon XIV nous a exhortés à multiplier les talents dans la foi et à persévérer. Soyez les premiers visages et les premières mains qui apportent le pain de vie à nos voisins, en leur offrant la nourriture de la sagesse, en tant que protagonistes de l’avenir et disciples dans la vocation que Dieu nous a donnée. Le Christ est le libérateur du monde.
Devant les institutions et les établissements de Yaoundé, le pape Léon, inspiré par le passage de l’Écriture où Pierre est sur le point de se noyer alors qu’il marche vers Jésus sur les eaux de Galilée, nous rappelle les paroles de Jésus à Pierre : « C’est moi, n’aie pas peur ». Jésus ne nous abandonne pas. Jésus est toujours avec nous. Dans chaque tempête, Jésus vient et nous répète : « Je suis avec toi, n’aie pas peur ».
Allez de l’avant avec courage et confiance. En effet, Jésus vient à nous au milieu du danger. Le pape Léon a exhorté les Camerounais à construire une société fondée sur le respect de la dignité humaine, en affrontant nos problèmes et nos défis, notamment en servant les plus faibles de la société. Car Jésus s’identifie aux plus petits de la société.
Le Saint-Père est venu au Cameroun, puis il est reparti. Son message, lui, demeure. Il est gravé dans nos cœurs et dans nos esprits. Aujourd’hui encore, l’Église qui est au Cameroun se rassemble, tout comme lorsque le Saint-Père était parmi nous. Nous nous réunissons pour prier ensemble, pour louer Dieu ensemble, pour célébrer ensemble et pour proclamer ensemble la Parole de Dieu – l’Église ne se tait jamais.
In the Gospels Jesus is asked many questions by many different people. Yet, Jesus transcends the questions. In today’s Gospel we encounter a lawyer of Sacred Scripture who wants to know the truth, what is the most important thing WE NEED TO DO as believers. Jesus replies: “love God with all you have” and “love your neighbour with all you have”. These are Christ’s two commandments.
Jésus nous dit que « CONNAÎTRE la vérité et METTRE EN PRATIQUE la vérité sont DEUX CHOSES DIFFÉRENTES ». Pour entrer dans le royaume de Dieu, il ne suffit pas de SAVOIR qu’il faut aimer Dieu et son prochain, mais il faut aussi LES AIMER réellement. Jésus n’est pas venu seulement pour nous enseigner cela, mais surtout pour le faire lui-même. C’est là toute la puissance du message du Christ. Nous avons tous entendu parler du commandement d’aimer son prochain comme soi-même. Mais malgré cette connaissance, ces paroles peuvent sembler stériles et inertes dans nos cœurs. Ce qui se passe dans notre monde est exactement le contraire de l’amour du Christ pour Dieu le Père et pour le monde.
Comment en sommes-nous arrivés à de telles contradictions ? Comment avons-nous pu détourner, politiser et manipuler le message de paix de Dieu ? Jésus nous explique précisément comment. Jésus met en avant le « deuxième » commandement, qui découle du « premier ». Dès lors que nous utilisons la religion à des fins personnelles, nous perdons l’amour de Dieu. Dès lors que nous utilisons Dieu pour servir notre propre corruption, nous perdons l’amour de Dieu.
Nous perdons l’amour de Dieu et n’aimons plus que nous-mêmes. Dès lors que nous ne parvenons plus à aimer Dieu, et Dieu seul, de tout notre esprit, de tout notre cœur et de toute notre force, nous ne reconnaissons plus Dieu en notre prochain, nous nous éloignons de nos prochains et nous commençons à suivre les voies de Satan plutôt que celles du Seigneur. Les commandements éternels de Jésus-Christ constituaient l’essence même des messages du pape Léon XIV aux Camerounais.
Do you remember the Holy Father’s embrace of the orphans in Yaoundé? Do you remember the Holy Father’s kneeling in Bamenda before the child whose grandfather has been imprisoned for almost three decades? Do you remember the Holy Father’s caressing the bed ridden mother in a hospital in Douala? Do you remember what Christ did for us?
Oui, frères et sœurs, nous avons accompli de grandes choses. Mais nous pouvons faire mieux ! Le Christ nous appelle à le suivre, à travers la Croix, vers la gloire éternelle. Le Christ vient nous donner sa lumière afin que nous puissions devenir la Lumière du monde. Aujourd’hui, je reprends les paroles du pape Léon: « C’est le moment de changer pour transformer l’histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain. Maintenant et non dans le futur. »
Que la Vierge Marie, Reine des Apôtres, patronne du Cameroun, qui en ces jours, sous le vocable de Notre Dame de Lourdes, visite notre terre en compagnie de sainte Bernadette, nous accompagne par sa maternelle intercession. Amen